8.11.2006

Ascension de la Pique Longue du Vignemale sur 2 jours


Voici à droite la Pique Longue (alt : 3298 m), sommet que nous avons prévu de gravir en deux jours, avec un départ de la vallée d'Oussoue, une nuitée au refuge de Baysselance et enfin l'ascension finale via le glacier d'Oussoue ; soient près de 1500 mètres de dénivelé, dont 850 m le samedi 22 juillet et 650 m le dimanche 23 juillet 2006.

Ceux qui, comme moi, pensaient que les Pyrénées n'étaient qu'un modèle réduit des Alpes, doivent revoir leur copie ! Les sommets pyrénéens ont beau être quelques centaines de mètres moins hauts que leurs homologues alpins, moins connus et moins courrus, ils n'ont rien à leur envier au niveau de l'esthétique, de la technicité et de la variété. Ainsi, la face nord du Vignemale fait tout autant rêver l'alpiniste que la face nord des Courtes, de la Meije, voire des Gandes Jorasses. Couloirs de neige, goulottes, sombres murailles rocheuses, tous les ingrédients du grand alpinisme sont au rendez-vous. On découvre cette face après 3 heures de marche depuis le lac d'Oussoue ou une heure de marche depuis le parking du Pont d'Espagne, terminus de la route venant de Cauterets, en même temps que le superbe et célèbre lac de Gaube. Mais le regard est irrésistiblement attiré par la paroi où le couloir de Gaube semble avoir été taillé d'un coup d'épée.

Escale à Gavarnie pour louer des crampons


Nous sommes 4 : David, Brice, Julien et Jérémie.
Nous préparons cette rando depuis le printemps et avons hâte d'en découdre avec ce sommet mythique des Pyrénées.
Partis de Toulouse vers 8h30, il est à présent 11h30. Nous sommes à Gavarnie et nous arrêtons au magasin "La Cordée" pour louer le matériel de montagne (piolets, crampons, chaussures de randonnées...).

En route pour la vallée d'Oussoue !



A présent, chacun possede le matériel adéquat pour cette rando.
Nous reprenons la voiture et nous dirigeons en direction de la vallée d'Oussoue.
Il y a environ 8 km jusqu'au barrage du même nom, dont 4 goudronnés et 4 caillouteux.
La route est étroite et sinueuse.

Pique nique aux cabanes de Milhas


Le chemin devient très rocailleux, je décide donc de garer le véhicule aux cabanes de Milhas.
Il est environ midi, c'est l'heure du casse croûte!

Début de rando



Voilà, tout le monde est prêt ! C'est parti pour 700 m de dénivelé positif avec pour point d'arrivée le refuge de Baysselance.

Le lac d'Oussoue (alt : 1870 m)





En progressant en direction du lac, nous croisons une petite gorge qui serait propice à la pratique du canyoning. Avec la chaleur caniculaire, j'avoue que la tentation est forte ! Mais nous n'en ferons rien évidement !!!
Il est environ 13 h quand nous arrivons au barrage d'Oussoue.
Ce petit coin de fond de vallée est magnifique. Il est essentiellement peuplé de marmottes et d'animaux d'élevage de zones pastorales.

Ca grimpe !





Nous abordons les première pentes du Vignemale.
N'étant pas habitué à marcher avec un sac à dos, j'avoue que les 45 litres de contenance de celui-ci constituent déjà un handicap.
Les effort sont plus mesurés, l'équilibre indispensable !
Le chemin est étroit et serpente à flanc de montagne.

Fond de vallée, début d'ascension




Nous passons ce lac qui constitue le réel point de départ de notre parcours.
Sur les chemins qui le borde, nous rencontrons beaucoup d'iris visiblement résistants aux fortes chaleurs de ces derniers jours.
Au fur et à mesure que nous avançons, un mur se profile devant nous !
Les choses sérieuses ne vont pas tarder à commencer!

Première cascade (alt: 2100m)




La progression n'est pas aussi rapide que nous l'escomptions.
Une petite cascade, née de la fonte du glacier d'Oussoue est prétexte d'une halte.
Le panorama présent derrière nous, témoigne des quelques mètres d'ascension déjà réalisés.

Deuxième cascade (alt: 2300m)




Chez les moins sportifs les efforts commencent à être difficiles.
Au détour d'un virage nous apercevont une autre cascade dont il faudra cette fois-ci, traverser le court d'eau.

Les grottes de Bellevue (alt: 2400m)




Les jambes commencent à montrer signes de fatigues!
Heureusement que nous réalisons l'ascension sur deux jours car je crois que les 1400m de dénivelé d'une traite auraient été les mals venus.
Les grottes de Bellevues sont au nombre de 3 et sont situées à approximativement 2400 m.C'est bien entendu l'omniprésent comte Henry Russell qui ordonna leur percement alors qu'il approchait de la cinquantaine durant l'été 1880. L'entreprise fût confiée à un maçon de Gèdre, Etienne Theil, qui réalisa les travaux sur une quinzaine d'années (1881-1883). Cette durée aura été nécessaire pour l'ouvrage des grottes Bellevues, mais aussi les grottes Russell (situées quant à elles au-dessus du glacier) et enfin la grotte la plus élevée, dénommée grotte du Paradis. Russell venant par la suite y passer du temps et aimait y recevoir des personnes issues du milieu mondain tel le propriétaire d'un domaine!Le bas de la langue glacière est déjà visible

Bifurcation ( alt: 2500m)



Voici une bifurcation du chemin vers 2500m.
En effet c'est là que le randonneur doit choisir s'il décide de s'attaquer directement au sommet soit s'il préfère ce rendre au refuge de Baysselance.
De ce point vous êtes environs à 3H de marche du sommet (Pique longue: 3298m) et à 20min du refuge.

Refuge de Baysselance (alt: 2651m)





Nous voici enfin en vue du refuge de Baysselance où nous ferons escale, une nuit.
Le refuge de Baysselance est un refuge typique pyrénéen. Construit, à l'origine, en 1899, il est sans doute le plus vieux refuge gardé de la chaîne et sûrement le plus haut refuge gardé des Pyrénées. De la construction d'origine à laquelle avaient été associés Russel et Vallot, il ne reste plus grand chose. Il vient de faire l'objet d'une rénovation importante (2001 et 2002) tout en conservant son style original.
Pour toute réservation n'hésitez pas à contacter les gardiens du refuge dont vous trouverez les coodonnées ci-dessous:

Paola et Stéphane GAVARD:
73 avenue du Vallon – appt. 1806640 SAINT JEANNET
Tél. & Fax : 04.93.24.95.05
Hors saison: refuge.bayssellance@free.fr

Dimanche 23 juillet 2006





Après un petit déjeuné servit à 6H30min, il est temps de rassembler ses affaires et de s'apprêter à partir.
Le soleil se lève sur les Pyrenées...

Une nuit à 2651m!!



N'étant pas arrivés parmis les premiers nous dinerons au deuxième service.Peux importe, nous attendrons 20h pour manger car il y a du monde au refuge.
Celui-ci est très conviviale.le bois reste le maitre à l'intèrieur.
Au rez de chaussez nous trouvons les sanitaires, cuisines, espaces restaurations.
L'étage est constitué de 5 dortoirs pouvant contenir chacuns entre 15 et 20 personnes.
Le diner sera très correct, la nuit sera refugesque!!!
Et oui je ne vois pas quel autre terme employer.Il est vrai que les nuits en refuge n'ont pas la réputation d'être exellente.Pour celui-ci le sommeil sera rythmé par les ronflements de randonneurs exténués.
Un petit conseil, n'oublier pas vos bouchons d'oreilles!!!!
Mise à part cela, le confort des lits est correct.

Pour ceux qui seraient interessés:
Dates d’ouverture 2006 :
19 mai(selon conditions météo-nivologiques, et problèmes techniques) à fin septembre.
La réservation est obligatoire en pèriode de gardiennage
.
Le site du refuge:
http://refuge.bayssellance.free.fr/

7H30 du matin est déjà dans le bain!!!




Afin de ne pas trop perdre d'altitude, Julien propose de couper à flanc de montagne.
Ceci évitera de trop redescendre et permettra de garder des forces pour le plus dur de l'ascension.
Cette traversée est tout à fait réalisable mais très technique.Mieux vaut être bien réveillé car la chute est facile.De bons appuis sont impératifs!

Il faut chausser les crampons (alt: 2700m)












Nous Fesons à présent face au Mont ferrat (alt: 3219m) et arrivons relativement facilement au pied du glacier.
Il faut à présent chausser les crampons.
Quelques conseils:
Un crampon se règle avant de partir, chez soi en préparant son sac, même s'il possède un système de réglage ultrarapide. Il se règle également à la frontale le matin avant le départ de la course par exemple. Cela évite quelques désagréments comme se retrouver avec une paire inutilisable si vous avez oublié votre tournevis (Charlet par exemple) ou moins grave de passer du temps à les préparer dans le milieu (parfois hostile) de la haute montagne... D'autant plus si le système de réglage pour la pointure nécessite des outils.- Un crampon ne doit pas flotter sur la chaussure : on ne doit pas hésiter à le régler "ajusté". Dans le cas contraire vous risquez d'aller le ramasser plus bas.

Les pentes du glacier







Le plus difficile se présente à nous.En effet la pente se raidit très nettement.
Parmis nous, seul Julien à déjà réalisé des ascensions sur glacier.Pour les autres les crampons c'est nouveau.Cependant rien d'extraordinaire, on s'habitue vite.
Néanmoins la progression reste lente et fatiguante.Brice présente déjà certains signes de lassitude.Apparement la nuit n'a pas été suffisament réparatrice de la veille pour lui.
Ce matin beaucoup de monde sur le glacier.Nous dépassons un des rares groupe en cordée.

Les premières crevasses (alt: 2900m)




L'ascension commence à devenir dure physiquement, le sac de 20kg ajoute à la difficultée.
Sur notre droite des crevasse montrent le bout de leur nez.
Jérémie comprends pourquoi il était plus sage de ne pas emmener son snow pour réaliser la descente.De plus la neige est vraiment très compact par endroits.Les spécialistes en préconisent la pratique au plus tard jusqu'en mai.
Déjà à cette altitude le paysage est magnifique!